Aller à un concert rock, c’est plus qu’une expérience, c’est un rite initiatique !
Zep fait partie des grands initiés : de U2 à Madonna, d’Eric (Clapton) à Bruce (Springsteen) en passant par Janet Jackson, AC/DC, les Rolling Stones, et bien sûr Led Zep, il a fait ses classes parmi les plus grands !
Comment ruser pour se faufiler jusqu’au premier rang (à condition d’avoir une bonne vessie) ou accéder au backstage ? Comment draguer en concert (à ses risques et périls) ? Quelle est la bonne technique pour rappeler l’artiste à la fin du show ? Comment survivre à une rave party, à un concert hip-hop, à un festival ethno ?
Comment convaincre un copain que Dylan n’a pas une voix atroce ? Quel usage créatif faire des bouchons pour les oreilles distribués à l’entrée des salles ? Quels amis ne faut-il surtout pas emmener en concert ? Comment se faire expulser d’un récital de musique classique ? Comment rater plein d’enregistrements pirates ?


Tout ceci et plus encore, Zep le révèle dans 48 pages pleines de bruit, de fureur… et surtout d’humour. S’il fallait une preuve que le rock n’abrutit pas les masses, la voici : le crayon plus aiguisé que jamais, Zep nous montre que dans les concerts, pourvu qu’on sache bien regarder, le spectacle est souvent dans la salle !




À quel âge avez-vous commencé à aimer le rock ? Qui vous a le plus marqué à cette époque ?
Zep : À 11 ans. Je n’avais qu’un seul 45 tours jusque-là, celui de Noam qui chantait le générique de Goldorak. J’ai acheté le single de Kiss “I was made for loving you” et “Highway to hell” de AC/DC la même semaine. J’avais triplé ma collec, vidé ma tirelire et démarré une histoire d’amour avec le rock qui ne s’est pas arrêtée…

Votre pseudonyme, Zep, vient de Led Zeppelin. Si ce groupe n’avait pas existé, vous vous appelleriez comment ?
En fait, mon pseudo vient du journal de lycée que je faisais. Le journal s’était appelé ZEP parce que j’adorais Led Zeppelin et que ça sonnait bien… Mais les copains qui ont fait les premiers numéros avec moi voulaient qu’on l’appelle France Prout, à cause de France Soir… Je suis donc miraculé, j’aurais pu avoir le pseudo le plus débile de l’Histoire…

Dans Happy Rock, tous les styles de musique sont évoqués : le rock bien sûr, la techno, la musique ethnique, le hip-hop, le reggae, le R&B, et même la musique classique. Êtes-vous curieux au point d’avoir vraiment goûté à tout ?
J’ai des phases “découvertes” où je vais écouter toutes sortes de trucs. J’ai eu une période jazz aussi… J’aime toutes les musiques live. La techno, la dance, ça m’emmerde.

Happy Sex et Happy Girls ne sont que partiellement autobiographiques…
Mais Happy Rock, c’est du vécu à 100 % ?

Disons à 95 %…

Quel est votre pire moment vécu en concert ?
J’ai emmené un groupe de copains faire quatre heures de route pour un concert de Dylan que je leur vendais comme le messie ultime… Et le concert était annulé. Je me suis endormi debout pendant un concert de Compay Segundo et je suis tombé la face dans la boue… J’ai mangé des vers à farine frits à un festival ethno… J’ai renversé ma bière sur un Hell’s Angel à un concert de Motörhead… Non, que des souvenirs sympa, en fait.

Votre meilleur souvenir ?
Dylan, en 1990, Dylan en 98, Dylan en 2000, Dylan…
Ah ! Et aussi un concert des Stones à Nice. On avait les pires places du monde : la pelouse avait été recouverte d’un plancher de protection et nous, on était derrière. 20 000 types surélevés devant nous. On n’a rien vu de tout le concert. On a mis deux heures pour regagner l’hôtel… Et là, en allant boire un dernier verre, on se trouve avec trois Stones et leur staff en train de faire la fête avec femmes, enfants et potes au bar ! Ils logeaient dans le même hôtel.

Un concert de rock est-il un lieu de drague comme un autre ?
Pour draguer, je recommande pas. Mais ça permet au moins de presser son corps contre celui d’une fille… Ou d’un mec, si on n’a pas été malin.

Quels sont vos plus beaux “trophées de concerts” glanés depuis toutes ces années ?
Je ne suis pas collectionneur. Je ne garde rien, pas même mes tickets. Ceux reproduits dans l’album appartiennent à un copain. Bob Dylan a même jeté sa guitare dans le public à trois mètres de moi… Et je n’ai pas sauté (35 mecs m’avaient déjà pulvérisé le dos pour l’atteindre…). Je dois avoir un médiator du guitariste de Kiss (qui en balance 200 par concert) quelque part dans un tiroir… quelques photos pourraves et un enregistrement pirate sur walkman depuis ma poche, dans lequel on entend distinctement le frottement du tissu… That’s all.


Qu’est-ce qui vous énerve particulièrement dans le comportement des gens lors des concerts ?
Qu’ils aient le mauvais goût d’être plus grands que moi ET qu’ils se placent devant moi ! Évidemment, depuis le téléphone portable, qu’ils filment le concert (ce que je fais aussi, bien sûr), qu’ils transpirent contre ma veste Vivienne Westwood et que celui qui souhaite chanter tout le concert en duo avec l’artiste se place systématiquement derrière moi.

Aujourd’hui encore, continuez-vous à écumer les salles de concert ?
Ben oui. J’ai mal au dos, je bâille… Mais j’y vais.



Vous êtes également musicien, et avez joué en public à plusieurs reprises (notamment avec Jean-Jacques Goldman). De quel côté de la scène vous sentez-vous le mieux ?
Hahahahaha ! Dans la salle, définitivement ! Quoique parfois… être sur scène, c’est pas désagréable. Mais de préférence avec Jean-Jacques et son staff qui porte tout le matériel. Je n’en peux plus de ranger des amplis dans des minibus qui sentent le moisi ! Pas de doute, je vieillis ! Faut réagir ! Allez hop ! Je remonte un groupe demain !

  © Zep 2010 © Editions Delcourt
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